Transformer une ancienne scierie en lieu de création, de rencontres et de spectacles : c’est le projet porté par la compagnie de théâtre de rue AlixM à La Croisille-sur-Briance, en Haute-Vienne. Présenté par Le Populaire du Centre en mai 2023, le Hangar Ataraxie associe accueil d’artistes, réemploi de décors et autoconstruction.
Une ancienne scierie tournée vers la création
Certains bâtiments peuvent connaître une seconde vie inattendue. À La Croisille-sur-Briance, un ancien hangar de la scierie familiale d’Alix Montheil, directeur artistique de la compagnie AlixM, est au cœur d’un projet consacré aux arts vivants.
Implantée dans le Limousin depuis 2014, la compagnie souhaite y développer ses créations et accueillir d’autres équipes artistiques. Le lieu porte le nom de Hangar Ataraxie, en référence à un terme grec qui évoque la tranquillité de l’âme.
L’idée a pris forme pendant le confinement de 2020, lorsque plusieurs membres de la compagnie se sont retrouvés dans le village. De cette période est née l’envie de créer un espace où l’art pourrait nourrir la vie du territoire et ouvrir la discussion.
Une résidence d’artistes et un atelier de réemploi
Le projet repose notamment sur l’aménagement d’une résidence. Les artistes accueillis pourraient y préparer leurs spectacles et disposer d’un atelier équipé pour fabriquer leurs décors.
La particularité de cet atelier tient à sa dimension de recyclerie. Plutôt que de laisser partir à la benne des éléments encore utilisables, la compagnie souhaite favoriser leur récupération et leur transformation.
Cette démarche répond à la hausse du coût des matériaux tout en donnant une nouvelle utilité aux ressources existantes. Elle prolonge aussi les convictions d’AlixM, qui défend une pratique artistique engagée.
Une salle pour partager les spectacles avec les habitants
Dans l’article de mai 2023, une salle de 150 places assises était également annoncée. L’ambition : permettre au public local de découvrir les créations réalisées sur place avant leur diffusion ailleurs.
La compagnie envisageait aussi une programmation mensuelle de concerts et de spectacles. Le Hangar Ataraxie serait ainsi à la fois un espace de travail pour les artistes et un lieu de sortie pour les habitants.
Cette articulation entre création et accueil du public donne au projet tout son intérêt : les œuvres pourraient se construire dans le village, puis y rencontrer leurs premiers spectateurs.
L’autoconstruction au cœur du chantier
Le budget global annoncé en 2023 s’élevait à 700 000 euros, avec notamment le soutien d’acteurs publics. Pour mener les travaux, la compagnie misait sur l’autoconstruction et l’aide d’habitants du village, tout en faisant appel à des entreprises pour la salle de spectacles.
Un potager destiné à nourrir les futurs résidents complétait cette démarche, qui relie activité artistique et vie quotidienne.
Le Hangar Ataraxie dessine ainsi une proposition culturelle ancrée dans son environnement : faire vivre un bâtiment existant, remettre des matériaux en circulation et créer des occasions de se retrouver autour du spectacle vivant.
Source : article de Guillaume Bellavoine publié dans Le Populaire du Centre le 23 mai 2023.
